L’Afrique à la reconquête de ses mines ?

«L’Afrique à la reconquête de ses mines» (d’après Le Monde des 28-29 avril 2013)

L’Afrique serait en train de remettre, en partie, la main sur ses richesses minières. C’est ce que décrit Le Monde des 28-29 avril (cahier géo&politique, pages 4-5), dans un mini-dossier intitulé «L’Afrique à la reconquête de ses mines» (signé Sébastien Hervieu et Charlotte Bozonnet).

320px-Williamson_Diamond_Mine,_Mwazui,_Tanzania

Photo Hansueli Krapf (Wikipedia), mine de diamant Williamson à Mwadui (Tanzanie).

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Sébastien Hervieu explique comment un discours favorable à la nationalisation des mines monte en Afrique du Sud, au sein-même de l’ANC, le parti au pouvoir, même si ce discours y reste minoritaire. Discours démagogique ? Peut-être, d’autant que l’ANC toucherait, à l’occasion des campagnes électorales, des financements des compagnies minières.
Et, en cas de nationalisation, l’État sud-africain devrait verser 84 milliards d’euros aux entreprises concernées, près d’un tiers du PIB du pays.
Une loi prévoit, en vertu d’une discrimination positive, que 26 % des capitaux des compagnies minières soient transférés à des noirs d’ici 2014. «L’objectif sera difficilement atteint», dit Le Monde.
Le gouvernement envisage par ailleurs de renforcer la compagnie minière nationale, l’AEMFC, mais pourra-t-il dégager les capitaux nécessaires ? Elle pourrait s’associer aux fonds souverains chinois ou russes.
Le congrès de l’ANC a adopté le principe d’une augmentation des taxes minières. Et les droits de douane sur les exportations de minerais non transformés pourraient eux aussi être augmentés.
Autant de signes d’une lente reconquête. Le bras de fer avec les sociétés minières reste loin d’être gagné : l’enjeu est de conserver au pays une partie croissante des richesses minières sans décourager les investisseurs étrangers…
Le Monde cite d’autres exemples de démarches des États africains pour se réapproprier les richesses de leur sous-sol. Ils sont aidés en cela par l’augmentation des cours mondiaux des minerais, liée à la demande des pays émergents.
La Tanzanie et la Zambie envisageraient, comme l’Afrique du Sud, d’augmenter la fiscalité. Le Niger (où se situent les mines d’uranium exploitées par Areva), le Sénégal et le Mozambique souhaiteraient renégocier les contrats. La Guinée a adopté un nouveau code minier ; le Ghana suivrait la même voie. Le Botswana a créé (en 1969 déjà) une société mixte avec la compagnie sud-africaine De Beers.
Cette tendance actuelle commence à contrebalancer la libéralisation du secteur, exigée par la Banque Mondiale dans les années 80 et 90. Il reste toutefois encore du chemin à faire pour que les pays parmi les plus riches de la planète en ressources naturelles (comme le Niger et la RDCongo) ne soient plus en réalité les plus pauvres (derniers au classement de l’Indice de développement humain des Nations Unies).

Philippe Cazal (30/04/2013)

Lire sur ce sujet, dans ce blog, « Noir Canada, pillage, corruption et criminalité en Afrique », d’Alain Deneault.

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